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MALAL CAMARA, DIRECTEUR GENERAL DE L’AGENCE DE DEVELOPPEMENT LOCAL(ADL) «MACKYSALL EST PLUS PRÉOCCUPÉ PAR LE DÉVELOPPEMENT DU SÉNÉGAL..»

DG

Dans son adresse à la nation, le Président MackySall n’a pas une seule fois prononcé les mots décentralisation, collectivités locales encore moins Acte 3 de la décentralisation. Ce que plusieurs acteurs territoriaux ont du mal à comprendre   mais le Directeur général de l’Agence de développement local( Adl), Malal Camara dédramatise. Selon lui, ce n’est pas parce que le Chef de l’Etat n’a pas parler des collectivités locales qu’il ne tient  pas à la décentralisation. Le patron de l’Adl est aussi revenu  dans cet entretien sur l’actualité politique estimant que le Président MackySall est plus préoccupé par le développement du Sénégal que par les problèmes internes d’un parti politique en l’occurrence le Ps.

Entretien réalisé par Cheikh NDONG

 

 Quel bilan tirez de l’année écoulée en termes de réalisations de votre Agence ?

 L’Agence de développement local( Adl) que j’ai la chance de diriger  a eu à réaliser  beaucoup de choses en 2016 . Je commencerai par  l’observatoire national de la décentralisation et du  développement local qui est un outil extrêmement important de développement local. C’est un outil que nous sommes en train de construire et qui   va être  le réceptacle de tout ce qui est information  territoriale. Nous travaillons en synergie  avec toutes  les structures du ministère de la Gouvernance locale, du développement et de l’aménagement du territoire. Nous sommes en train de mettre en place cet outil  et à partir de celui-ci nous allons essayer de traquer  l’information territoriale. Cela  veut dire que chaque territoire a besoin aujourd’hui  de connaitre cet outil à travers l’exécutif local. Il doit s’appuyer sur celui-ci  pour qu’il lui donne de manière scientifique  les données lui  permettant de prendre des décisions  utiles. Je pense aussi que les projets qui sont  déroulés dans les territoires sont nombreux mais généralement, ils ne tiennent  pas compte des réalités du territoire. On peut avoir des doublons c’est-à-dire   plusieurs projets peuvent intervenir dans un domaine  où il y a des télescopages.  Mais à partir de cet outil on peut voir clair  et cela nous permet de bien planifier pour un développement équilibré du  territoire. Je pense aussi que  l’outil est important parce que les domaines retenus dans l’observatoire  sont accrochés au  niveau département qui sont dégagés  par le  ministère de la Gouvernance locale  et les indicateurs qui sont retenus sont accrochés à ceux du Pse. Cela veut dire que l’information qui est produite est une information  de manière générale  que l’Etat peut utiliser  de même que les partenaires techniques et financiers. Donc c’est un outil extrêmement important qui permet d’avoir une  meilleure  lisibilité  du territoire.

Une chose de mettre en place un observatoire mais une autre chose est de pouvoir le rendre opérationnel. Qu’est-ce qui est prévu en termes de moyens financiers, de contenu pour que cet observatoire ne soit pas une coquille vide ?

Avant d’en arriver aux moyens financiers, il faut signaler que nous travaillons  après la  mise en place de cet observatoire à extraire des livrables  au niveau de cet observatoire. Par exemple dans le département aménagement du  territoire nous pouvons  demander à l’Anat de nous produire une cartographie des ressources du Sénégal. Nous parlons de développement et  on ne peut s’appuyer que sur les ressources du Sénégal. Et à partir de cette cartographie, l’Etat peut financer  des projets par rapport aux différentes ressources dont dispose notre pays. Cela nous permet d’avoir une lisibilité sur le territoire. Maintenant pour ce qui est de l’animation de cet observatoire, il y aura un dispositif d’animation autour qui va analyser, interpréter  les données  et va produire des outils qui vont nous permettre de comprendre ce qui se passe dans les  territoires. En termes d’animation nous avons besoin de ressources parce qu’il faut un dispositif de remontée de données ; il faut mener des études, cartographier  les  interventions au niveau du  territoire. Donc il y a beaucoup de choses que nous tentons de  faire en  termes d’outils qu’on va extraire  de cet observatoire. Aujourd’hui l’état civil c’est un problème  national. C’est pourquoi nous devons avoir un outil qui nous permet de dire en termes d’état civil voilà les   statistiques et   les données fiables que nous avons. C’est un instrument extrêmement important mais pour l’animer, nous avons besoin de  ressources supplémentaires. Sur ce, je  voudrais remercier  le ministre  de la Gouvernance locale, Abdoulaye Diouf Sarr qui est en train, véritablement de se débattre pour  mettre à  notre disposition des ressources  pour que cet outil puisse être opérationnel et être utile aux décideurs de manière générale

 Est-ce que pouvez revenir sur les  autres projets phares de l’Adl en 2017, au-delà de l’observatoire ?

Au-delà de l’observatoire, nous sommes au niveau des départements du centre. Nous venons de lancer les bourses territoriales. À partir de la vision du Chef de l’Etat qui parle de bourses familiales, nous avons pensé qu’il faut  mettre  en place les bourses  territoriales. Ces bourses vont permettre en rapport avec les structures de microfinance  d’accompagner les porteurs de projets au niveau individuel et collectif. Ces bourses sont importantes parce qu’au niveau des  territoires nous avons des jeunes  qui  ont des idées de projets   mais qui  ne sont pas capables de les élaborer. Nous les accompagnons dans l’élaboration des projets, on les forme pour qu’ils puissent tenir leur gestion et on les accompagne sur le plan financier  pour qu’ils puissent  mettre en  place leur structure. L’objectif c’est de dynamiser davantage l’économie locale pour amener les gens à travailler  pour que l’économie locale soit plus dynamique.

En termes d’appui financier et technique des collectivités locales qu’est-ce que votre Agence a fait concrètement ?

En termes d’appui, nous travaillons déjà à renforcer les capacités des collectivités locales. Dans plusieurs régions, nous intervenons et nous accompagnons   collectivités locales. Nous avons des modules de formation en partenariat avec la coopération allemande et le service de formation du ministère et les autres acteurs qui sont dans la formation. On renforce les capacités des acteurs. Au-delà de cela, nous nous sommes engagés à  doter les collectivités locales de matériels informatiques. D’ailleurs nous avons une dotation que nous venons juste de réceptionner  er nous sommes en train de travailler sur le dispatching pour voir comment faire pour que ces collectivités  puissent avoir un  minimum d’infrastructures numériques.   Aujourd’hui l’infrastructure numérique est capitale pour la gestion des  collectivités mais également l’ouverture de celles-ci vers d’autres horizons. En plus de cela, nous sommes en train de mener des activités au niveau transfrontalier. Nous sommes en train de mettre en place  une intercommunalité  au niveau de la région de Sédhiou avec les collectivités transfrontalières de la Guinée Bissau. Il y a cinq collectivités  qui veulent  se mettre en intercommunalité et après  on va travailler à mettre sur place un projet transfrontalier avec les collectivités locales de la Guinée Bissau. Avant  cela, nous avons mené des activités transfrontalières  au niveau du département  de Bakel, au niveau du bassin du fleuve Sénégal. L’objectif étant de pacifier la zone en permettant aux populations du Sénégal, Mali et de la Mauritanie de se mettre ensemble et travailler  pour relever le niveau de vie des populations

 Quelles sont les contraintes auxquelles l’Adl fait face au regard de l’environnement institutionnel quand on sait qu’il  y a beaucoup de structures qui interviennent dans le développement local. Comment votre agence parvient à tirer son épingle du jeu ?

Il y a toujours des doublons, de petites frictions et des frustrations parce que comme vous le dites, l’environnement est assez saturé, il faut le dire. Mais  de manière intelligente,  je pense qu’il y a un dialogue des structures. Nous travaillons en parfaite synergie. A cet effet, je félicite le ministre de la Gouvernance locale qui fait tout  pour qu’on travaille en synergie. On a des réunions de coordination et de plus en plus les doublons sont évités. Même s’il y a des structures qui travaillent sur un même chantier, on trouve les moyens de les mettre ensemble.

Vous avez certainement suivi le discours du Président de la république à l’occasion du nouvel an, discours dans lequel il a complément zappé les collectivités locales, la réforme de l’Acte 3 de décentralisation. En tant acteur territorial et responsable d’une agence développement local qu’en pensez- vous ?

Je pense qu’il faut féliciter le Président de la république pour les résultats qu’il a annoncés lors de son discours. Ces résultats montrent qu’il a une vision pour le développement du  Sénégal. Cela montre aussi qu’il  veut amener le Sénégal à l’émergence à l’horizon 2025. Maintenant par rapport à votre question, il faut reconnaitre que la vision exprimée à travers l’Acte 3 de la décentralisation est importante  et le Président tient à la décentralisation. Toutefois, il faut reconnaitre qu’une réforme est difficile à mener. Ce n’est pas parce qu’il n’a pas parlé de développement territorial qu’il n’accorde pas beaucoup d’importance à la décentralisation et à la réforme. L’évaluation de lapremière  phase a été faite et on va  vers la deuxième phase qui sera essentiellement financière. Tout cela pour dire que le Président MackySall tient au développement territorial et à l’Acte 3 de la décentralisation

 Vous êtes aussi responsable politique de l’Apr à Tamba, comment se porte votre parti et la coalition Bby dans votre localité ?

A mon avis l’Apr se porte bien à Tamba. Nous  sommes en train de travailler, c’était plus difficile en 2012.  Je pense que l’Apr a conquis le terrain .Le seul combat qu’on doit mener, c’est celui de l’unité pour qu’on puisse se battre ensemble dans l’intérêt du parti ; on va continuer de travailler avec la coalition Bby parce que c’est la volonté du Président de l’Apr

Vous avez parlé tout à l’heure de réalisations, qu’est-ce que le Président Sall a concrètement fait dans votre région pour vous permettre d’aborder les législatives en toute sérénité ?

Je  pense que le Président a tellement compris  nos  besoins que le Pudc est venu régler beaucoup de choses dans notre région. C’est une région extrêmement vaste  peuplée d’agriculteurs et d’éleveurs. Aujourd’hui toutes les zones qui n’avaient pas accès à  l’eau potables sont équipées de forages. On est en train de dépasser les problèmes  d’eau. Les problèmes de pistes ont été également réglés par  Chef de l’Etat. C’est une région qui a de l’avenir parce que nous sommes ouverts à cinq autres  pays  et nous attendons le chemin de fer qui a été annoncé. Si le Président de la république arrive à réaliser le chemin de fer, cela sera extrêmement important pour la région de Tamba. En plus de cela, nous allons construire un marché sous-régional à Tamba. Ce marché va nous permettre de nous ouvrir davantage sur la sous-région parce que Tamba est la première ville continentale du Sénégal. Il y a aussi un projet de construction d’un port sec à Tamba ce qui  permettra au Port de Dakar d’être plus proche de la sous-région. L’aboutissement d’un tel projet va rendre la région de Tamba  plus attrayante.

L’actualité c’est l’emprisonnement du Maire de la Médina, Bamba Fall et huit de ses collaborateurs. Des observateurs y voient  la main invisible du Chef de l’Etat estimant que c’est une manière subtile de freiner les ardeurs de Khalifa Sall. Qu’en pensez-vous ?

Je pense que c’est un mauvais procès qu’on fait au Président de la république.  Le Chef de l’Etat  est plus préoccupé par le développement du Sénégal que par les problèmes internes d’un parti politique. Je pense que cette affaire concerne uniquement les socialistes et ils n’ont qu’à régler leurs problèmes entre eux. Le Président MackySall n’est jamais allé en justice pour une quelconque affaire concernant le  Ps. Toutefois je rappelle que nous somme en partenariat avec les socialistes sur les questions nationales et nous allons essayer ensemble de trouver des solutions aux préoccupations des Sénégalais.

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